Vue d'en haut



Invitation à bord de l’Esprit de Liberté
Par Jackson Turner

Paragon City, 29 Mars 2005 - Quelque soit l’heure du jour ou de la nuit dans Paragon City, si vous levez les yeux vers le ciel, vous pourrez apercevoir ce que Statesman a jadis qualifié de “symbole flottant et gracieux représentant la liberté; toujours vigilant, toujours prêt”. Et aux commandes de ce symbole se trouve le Capitaine James Finney. Il ne serait pas exagéré de dire que le Capitaine Finney connaît la ville vue d’un millier de mètres mieux que quiconque - et il ne possède aucun super pouvoir lui permettant de voler. “J’utilise la bonne vieille méthode,” disait-il, avant d’ajouter d’un sourire sardonique “en me servant de combustibles”.

Depuis 1990, le Capitaine Finney, 49 ans, anciennement pilote dans l‘Air Force puis dans le commerce, a survolé le ciel de Paragon City à bord de l’Esprit de Liberté. “Les gens l’appelle zeppelin. Techniquement parlant, c’est un appareil plus léger que l’air (LQA), plus communément appelé, un dirigeable”.

Le Capitaine Finney, image type du pilote - grand et autoritaire dans son uniforme bleu de capitaine, les cheveux poivre et sel et des yeux bleus dur comme de l’acier - est le pilote en chef du Esprit de Liberté, dernier né de la Compagnie Aérienne Narragansett (CAN), le précédent Esprit de Liberté ayant été détruit au cours de l’invasion des Rikti en 2002. Le nouveau volant, construit en 2003 par la fameuse Corporation de Dirigeable Américain basée dans l’Oregon, est un dirigeable de type A-60+, équipé d’une propulsion bi-turbo. D’une largeur de 39 mètres, du nez au à la poupe, il comprend 21000 mètres cube d’hélium. “Il faut une équipe d’au moins 14 personnes pour maintenir et entretenir un seul dirigeable,” nous renseignait le Capitaine Finney. L’Esprit de Liberté se repose dans la vieille station navale de Warwick, désormais appelée Base CAN, où il est l’un des quatre dirigeables ainsi que l’étendard de la compagnie.

“Le nom actuel, Esprit de Liberté, remonte au premier dirigeable mis en service par CAN en 1935,” disait le Capitaine Finney. “Le début des années 1930 virent probablement l’apogée du dirigeable et le vols commerciaux devaient être la prochaine étape importante. Jusqu’à ce que tout parte en fumée le 6 mars 1937 à Lakehurst, dans le New Jersey.”

En ce jour, le Hidenburg, majestueux dirigeable allemand, pris feu en se posant à Lakehrurst, emportant avec lui le grand rêve de voir ces aéronefs transporter un jour des passagers par delà les océans. “L’intérêt se tarit et se tourna vers les avions à ailes fixes.” commentait le Capitaine Finney.

Toutefois, les dirigeables ne disparurent pas totalement de l’aviation. Avec la venue de la Seconde Guerre Mondiale, la U.S Navy voyait des bénéfices à utiliser les dirigeables pour des missions de reconnaissance et de surveillance côtière, ainsi que d’ escorte. L’après-guerre vit de grandes améliorations concernant leur sécurité et leur confection. Non seulement les dirigeables gardèrent le rôle qu’ils avaient pendant la guerre, mais ils furent aussi utilisés comme véhicules de recherche et de plateformes de sondage. Stable et relativement bon marché à construire, à entretenir et à faire voler, les dirigeables offraient l’avantage d’un véhicule à coût réduit adapté à assurer de multiples services. Ajoutez à cela l’intérêt naissant de l’industrie de la publicité et de la télévision, et vous voilà en train d’assister à la bienheureuse renaissance du « transport plus léger que l’air ».

Aujourd’hui, la CAN et sa flotte fournissent toute une gamme de services à l’intérieur et hors de New England - depuis la retransmission des évènements sportifs jusqu’à servir de soutien pour des recherches scientifiques. Toutefois, l’Esprit de Liberté entretient une relation (et licence) toute particulière avec Paragon City. “Nous survolons Paragon City depuis 1935,” nous dit le Capitaine Finney. “Pendant les années de guerre, nous avons patrouillé les ports en tant que membre de la Surveillance Côtière Civile et avons aidé la marine et leurs patrouilles anti sous-marins. Avec l’émergence des super héros et la validation du Citizen Crime Fighting Act de 1937, nous avons aussi ajouté le respect de la loi à nos missions.”

L’un des uniques aspects d’une ville remplie de super héros volant est la complexité de la régulation du traffic aérien. “Ce n’était pas trop dur dans les premiers temps,” commente le Capitaine Finney. “L’aviation commerciale en était à ses balbutiements et de ce fait, les héros avaient le ciel pour eux seuls. Avec l’Esprit de Liberté volant rarement plus haut que 1500 mètres d’altitude et à une allure dépassant rarement 50 km/h, les accidents avec des héros volants étaient quasiment inexistants.”

Dans les années 1950 et 1960, avec l’arrivée de l’aviation commerciale et militaire, le problème devint préoccupant. A tel point que Paragon City décida d’interdire l’accès à son espace aérien aux vols autres que militaire et de première urgence. Si votre destination était Paragon City, votre avion devait atterrir sur l’aéroport le plus proche - une règle toujours en vigueur à l’heure actuelle. La seule exception connue était l’Esprit de Liberté. A cette époque, la CAN et l’Esprit de Liberté étaient devenus des éléments importants dans l’effort entrepris par la ville pour faire respecter la loi.

“L’invasion Rikti de 2002 a mis un terme à toute activité dans l’espace aérien de la cité,” selon le Capitaine Finney. “Tout le monde était consigné au sol. Un chaos total régnait. La mort et la destruction étaient partout. Les super héros comme les citoyens étaient systématiquement éliminés.” Ce fut lors d’une des dernières batailles désespérées que le Capitaine et son équipage décidèrent qu’il était temps de faire quelque chose.

“Le vote fut unanime” se souvenait le Capitaine Finney. “Nous devions sortir les blessés hors de la zone - vaisseau de guerre Rikti dans les parages ou pas.” Le Capitaine Finney et l’Esprit de Liberté foncèrent droit sur la cité mutilée, volant à vitesse maximum et aussi proche du sol que possible. “Evidemment, c’était encore beaucoup trop lent,” se remémorait le Capitaine Finney “mais je l’ai poussé à donner tout ce qu’il avait dans le ventre. Le dirigeable est un gros ballon rempli d’hélium qui nous permet de nous élever. A l’intérieur de ce ballon s’en trouvent deux plus petits que nous remplissons soit d’air, pour nous alourdir ou que nous vidons pour nous alléger. Voler très près du sol dans un gros dirigeable demande énormément de concentration.”

Le temps que l’Esprit de Liberté arrive à la périphérie, la visibilité n’était plus que de quelques mètres. “La fumée provenant des bâtiments en feu couvrait tout. Il y eu ensuite la turbulence causée par les explosions et les armes à feu. Les vaisseaux Rikti se profilèrent devant nous, masquant notre champ visuel. On se serait crû en enfer.” L’Esprit de Liberté réussit à localiser des poches de super héros et citoyens blessés parmi les ruines. “Immédiatement, nous avons commencé à les faire monter à bord aussi vite que nous le pouvions”, racontait le Capitaine Finney. “Pendant ce temps, j’essayais de calculer le poids et l’élévation tout en tentant d’éviter de se faire désintéger. Les super héros se rallièrent alors à nous, formant une barrière protectrice au dessus et au dessous de nous. Je me souviens brièvement Statesman, me désignant du doigt en prenant son envol, avant de fondre tête la première sur un groupe de Rikti.”

Le Capitaine Finney fit trois voyages ce jour là, avant que l’Esprit de Liberté subisse d’importants dégâts, l’empêchant de continuer à voler.” Il ne pouvait plus maintenir son élévation. Un moteur était hors service et nos surfaces de contrôles étaient en miettes. C’était un grand vaisseau. Il nous a aidé à sauver beaucoup de monde.”

Pour leur courageuse contribution, au mépris de leur vie, et malgré des conditions extrêmement dangereuses, le Capitaine Finney et son équipage furent récompensés de la Médaille de la Liberté par le maire et Statesman lui-même.

Le nouvel Esprit de Liberté continue de patrouiller dans le ciel de Paragon City. “Notre mission a légèrement changé,” constate le Capitaine Finney. “Nous possédons beaucoup de matériels classifiés et spécialisés à bord - le genre high tech - qui nous permettent d’établir une surveillance à un niveau plutôt hallucinant. Nous travaillons main dans la main avec le Bureau Fédéral des Affaires Extra-Humaines (BFAEH) et le gouvernement de la ville. Après le contrecoup de l’invasion Rikti, nous aidons aussi à la reconstruction de Paragon City en fournissant des relevés géographiques détaillés. Je suis fier de faire partie de cette renaissance.”

La prochaine fois que vous levez les yeux au ciel et observez un gracieux dirigeable faisant route vers l’horizon, sachez que le Capitaine Finney et l’Esprit de Liberté veillent - comme le dit si bien Statesman, “Toujours vigilant, toujours prêt”.

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